Hijama et diabète : fait-elle baisser le sucre ? Risques, précautions et signes d'alerte

Mis à jour le 2026-09-14 · 9 min de lecture

Rédigé par l’équipe DiaNatura+ · Notre démarche

Hijama et diabète : fait-elle baisser le sucre ? Risques, précautions et signes d'alerte

Aucune preuve solide ne montre que la hijama fasse baisser durablement le sucre, et elle ne remplace jamais le traitement du diabète. Chez une personne diabétique, elle expose à des risques réels : infection et cicatrisation lente des incisions, hypoglycémie si la séance se fait à jeun sous insuline ou sulfamides, saignement sous anticoagulant ou aspirine. Demandez l'avis de votre médecin avant, et ne modifiez aucun médicament après.

Hijama et diabète : ce qu'il faut savoir avant tout


Rien de solide ne montre que la hijama fasse baisser durablement le sucre, et elle ne remplace jamais le traitement du diabète. Chez une personne diabétique, elle comporte en revanche des risques réels : infection des incisions, cicatrisation lente, hypoglycémie quand la séance se fait à jeun, saignement avec certains médicaments. Si vous l'envisagez, parlez-en d'abord à votre médecin, et ne changez rien à votre traitement ensuite, quel que soit le chiffre affiché.

La hijama, la pose de ventouses, est une pratique ancienne à laquelle beaucoup d'Algériens sont attachés, et qui revêt pour nombre d'entre eux une dimension religieuse. Nous respectons cet attachement. Cette page ne discute ni de sa place dans la tradition ni de questions religieuses, qui ont leurs spécialistes. Elle répond, sans jugement, à une question de santé : la hijama convient-elle à une personne diabétique, et comment se protéger si elle décide de la faire ?

Qu'est-ce que la hijama (ventouses humides ou sèches) et que dit la recherche ?


La hijama consiste à poser sur la peau des ventouses de verre, de plastique ou d'une autre matière pour créer une aspiration, et aucune étude solide n'a montré qu'elle ait un effet durable sur le diabète. Dans la hijama sèche (الحجامة الجافة), on se limite à l'aspiration, sans ouvrir la peau. Dans la hijama humide (الحجامة الرطبة), la peau est incisée ou piquée, puis du sang est aspiré dans la ventouse : dès que la peau est ouverte, les risques d'infection et de saignement augmentent.

Selon la fiche d'information sur les ventouses du NCCIH, un centre des instituts nationaux de santé américains, la plupart des études sont de faible qualité : la hijama pourrait réduire certaines douleurs, avec des preuves peu solides, et pour les autres problèmes de santé les données ne permettent pas de conclure. Sur le diabète, quelques petites études de faible qualité n'apportent aucune preuve solide d'une baisse durable de la glycémie ou de l'HbA1c, ni d'un effet sur le pancréas, comme le rappelle notre guide pour soutenir le pancréas au naturel.

La même fiche décrit les effets indésirables : marques temporaires, mais aussi décoloration persistante de la peau, cicatrices, brûlures quand les ventouses sont chauffées, infections, aggravation d'un eczéma ou d'un psoriasis. Les complications graves sont rares ; parmi elles, une anémie après des séances répétées de hijama humide. Et un matériel réutilisé sans stérilisation entre deux personnes peut transmettre des maladies par le sang, comme les hépatites B et C.

La hijama fait-elle baisser le sucre ? Pourquoi un chiffre plus bas après une séance ne prouve rien


Non, rien de solide ne le montre, et un chiffre plus bas mesuré juste après une séance ne prouve pas que la hijama a agi sur le diabète. D'abord, la séance se fait souvent à jeun, et une glycémie à jeun est normalement plus basse qu'après un repas. Ensuite, le stress puis le repos font varier les chiffres : l'appréhension avant, le calme après. Enfin, la glycémie varie normalement d'un moment à l'autre, même quand on ne change rien.

Ce qui juge l'équilibre d'un diabète, c'est l'HbA1c, qui reflète la moyenne des trois derniers mois, alors qu'une mesure isolée ne montre qu'un instant. L'objectif est le plus souvent sous 7 %, fixé avec le médecin, et aucune preuve solide n'établit une baisse durable de l'HbA1c après des séances de hijama. Notre guide sur l'HbA1c explique comment lire ce chiffre.

Le vrai danger d'un « bon chiffre » est de se croire mieux, puis de réduire ou d'arrêter ses médicaments : la glycémie remonte alors, parfois sans signe net, et les complications avancent en silence. Aucune pratique ne permet de se passer du traitement ; notre guide sur la rémission du diabète de type 2 distingue le possible des fausses promesses.

Hijama et diabète : quels dangers ? Infection, cicatrisation, hypoglycémie à jeun et saignement


Chez une personne diabétique, les principaux dangers de la hijama sont l'infection des incisions, une cicatrisation lente, l'hypoglycémie quand la séance se fait à jeun et le saignement sous anticoagulant ou aspirine. Une glycémie élevée ralentit la cicatrisation et favorise l'infection. La neuropathie, cette atteinte des nerfs qui diminue la sensibilité, peut laisser passer inaperçue une brûlure, une plaie ou une infection, comme l'explique notre guide sur le pied diabétique et la neuropathie. Et quand la circulation des jambes est mauvaise, les plaies y cicatrisent mal.

La séance se fait souvent à jeun : sous insuline ou sulfamides, cela expose à l'hypoglycémie et au malaise, parfois pendant la séance. Les anticoagulants et l'aspirine augmentent le saignement des incisions. Enfin, une anémie ou une maladie des reins, fréquentes après des années de diabète, rendent la perte de sang moins anodine ; l'atteinte des reins fait partie des complications du diabète à connaître.

Hijama et diabète : risques et précautions
RisquePourquoi chez le diabétiquePrécaution
Infection des incisionsUne glycémie élevée favorise l'infectionLames stériles à usage unique, ventouses jetables ou stérilisées, gants, peau désinfectée ; incisions surveillées plusieurs jours
Cicatrisation lenteGlycémie élevée, mauvaise circulation des jambesJamais sur les jambes, les pieds ou les chevilles
Brûlure ou plaie inaperçueLa neuropathie diminue la sensibilitéAvis du médecin avant ; peau vérifiée par un proche
Hypoglycémie, malaiseSéance à jeun sous insuline ou sulfamidesPas à jeun sans consigne du médecin ; glycémie avant et après ; sucre sur soi
Saignement prolongéAnticoagulant ou aspirineAvis du médecin ; ne jamais arrêter ces médicaments de soi-même
Perte de sang mal toléréeAnémie ou maladie des reinsAvis du médecin ; pas de séances répétées

Contre-indications de la hijama : qui doit l'éviter ou demander l'avis du médecin d'abord ?


Doivent éviter la hijama, ou demander d'abord l'avis de leur médecin, les personnes sous insuline, sulfamides, anticoagulant ou aspirine, ou ayant une anémie, une maladie des reins ou du cœur, une neuropathie, une plaie, une glycémie très élevée ou des hypoglycémies récentes, ainsi que les femmes enceintes et les enfants. La hijama sèche n'est pas sans risque : des ventouses chauffées peuvent brûler une peau devenue peu sensible, et elles peuvent aggraver un eczéma ou un psoriasis.

Ces précautions valent pour le type 1 comme pour le type 2 : ce qui compte, c'est le traitement, l'état de la peau, des pieds et des reins, et l'équilibre du sucre. Votre médecin connaît tout cela : parlez-lui-en franchement, sans crainte d'être jugé, lors d'une consultation de suivi plutôt que la veille de la séance. Les situations concernées :

  • Insuline ou sulfamides : risque d'hypoglycémie, surtout à jeun
  • Anticoagulant ou aspirine : risque de saignement
  • Anémie ou maladie des reins : perte de sang moins bien tolérée
  • Maladie du cœur
  • Neuropathie, plaie ou pied fragile
  • Glycémie très élevée ou hypoglycémies récentes
  • Grossesse, dont le diabète gestationnel
  • Enfant
  • Eczéma, psoriasis ou peau abîmée à l'endroit prévu

Si vous faites une hijama malgré tout : la liste de sécurité, à jeun et pendant le Ramadan


Si vous faites une hijama malgré tout, la règle la plus importante est que la séance ne change rien à votre traitement ; la liste ci-dessous réduit les autres risques, sans les supprimer. Côté hygiène, demandez à voir le matériel : vous avez le droit de poser des questions sur les lames, les aiguilles et la stérilisation des ventouses, car un matériel stérile évite la transmission des hépatites B et C. Si les lames et les aiguilles ne sont pas ouvertes devant vous, renoncez à la séance.

Pendant le Ramadan, ne cumulez pas le jeûne et la hijama si votre diabète est traité : le jeûne expose déjà à l'hypoglycémie et à la déshydratation, et la séance ajoute un risque de malaise et une perte de sang. Parlez-en à votre médecin avant le mois, en même temps que de votre jeûne ; notre guide diabète et Ramadan rappelle quand rompre le jeûne sans attendre. La liste de sécurité :

  • Avant : avis de votre médecin, surtout sous insuline, sulfamides, anticoagulant ou aspirine.
  • N'arrêtez et ne décalez aucun médicament à cause de la séance.
  • Sous insuline ou sulfamides : pas de séance à jeun sans consigne du médecin, et du sucre sur vous.
  • Glycémie mesurée avant et après ; sous 0,70 g/L ou très élevée, séance reportée (règle des 15 si elle est basse).
  • Lames et aiguilles stériles à usage unique ouvertes devant vous, ventouses à usage unique ou stérilisées, gants, peau désinfectée.
  • Jamais sur les jambes, les pieds, les chevilles, une varice, une plaie ou une peau abîmée.
  • Pas de séances répétées : la hijama humide répétée peut entraîner une anémie.
  • Ramadan : ne pas cumuler jeûne et hijama avec un diabète traité.
  • Incisions surveillées plusieurs jours, avec l'aide d'un proche.

Après la séance : les signes qui imposent de consulter, et la place du traitement


Après une hijama, consultez sans attendre en cas de rougeur qui s'étend autour d'une incision, de chaleur, de gonflement, de pus, de fièvre, de saignement qui ne s'arrête pas ou de plaie qui ne cicatrise pas. Chez une personne diabétique, une infection se prend au sérieux dès le début : elle fait monter la glycémie, qui ralentit à son tour la cicatrisation.

Malaise, sueurs ou tremblements font d'abord penser à l'hypoglycémie. Chez une personne consciente, appliquez la règle des 15 : un sucre rapide (3 morceaux de sucre, un petit verre de jus ou de soda non light, ou une cuillère à soupe de miel), 15 minutes d'attente, puis un nouveau contrôle ; notre guide sur l'hypoglycémie la détaille. Si la personne est inconsciente, ne lui mettez rien dans la bouche et appelez les urgences. Une glycémie au-dessus de 2,50 g/L (250 mg/dL) avec nausées, vomissements, douleurs abdominales, haleine d'acétone, respiration rapide ou confusion impose aussi les urgences.

La hijama ne remplace jamais le traitement : ne réduisez ni n'arrêtez aucun médicament après une séance, même si un chiffre semble meilleur. Toute décision se prend avec votre médecin, à partir de vos mesures régulières et de l'HbA1c ; notre guide sur les médicaments du diabète explique le rôle de chaque famille de médicaments.

Si vous tenez à la hijama pour des raisons personnelles ou religieuses, ce choix vous appartient ; l'essentiel est que votre médecin soit informé et que votre traitement reste inchangé. DiaNatura+ n'a aucun lien avec la hijama ; aucune pratique, aucune plante et aucun complément, le nôtre compris, ne remplace le traitement du diabète.

Questions fréquentes

La hijama fait-elle baisser le diabète ?+

Non, rien de solide ne le montre. Sur le diabète, il n'existe que quelques petites études de faible qualité, sans preuve d'une baisse durable de la glycémie ou de l'HbA1c. Un chiffre plus bas juste après une séance s'explique souvent par le jeûne, le repos ou les variations normales de la glycémie. La hijama ne remplace jamais le traitement du diabète.

Un diabétique peut-il faire la hijama ?+

Sur le plan de la santé, seulement après avoir demandé l'avis de son médecin, qui connaît son traitement et ses complications. Elle est à éviter, ou à discuter d'abord avec lui, sous insuline, sulfamides, anticoagulant ou aspirine, en cas d'anémie, de maladie des reins ou du cœur, de neuropathie, de plaie ou de glycémie très élevée, pendant la grossesse et chez l'enfant.

Quels sont les dangers de la hijama pour un diabétique ?+

Infection et cicatrisation lente des incisions quand la glycémie est élevée, brûlure ou plaie passées inaperçues à cause de la neuropathie, hypoglycémie si la séance se fait à jeun sous insuline ou sulfamides, saignement sous anticoagulant ou aspirine, perte de sang mal tolérée en cas d'anémie ou de maladie des reins, et hépatites B ou C si le matériel n'est pas stérile.

Peut-on faire la hijama à jeun quand on est diabétique ?+

Sous insuline ou sulfamides, pas sans consigne précise du médecin : rester à jeun expose à l'hypoglycémie et au malaise, parfois pendant la séance. Ne sautez ni ne décalez vos médicaments pour être à jeun, gardez du sucre sur vous et mesurez votre glycémie avant et après. En cas de sueurs ou de tremblements, appliquez la règle des 15.

Hijama sous anticoagulant ou aspirine : est-ce possible ?+

Pas sans l'avis du médecin qui vous les a prescrits : ces médicaments augmentent le saignement des incisions de la hijama humide. N'arrêtez jamais un anticoagulant ou l'aspirine de vous-même pour faire une séance, car l'arrêt d'un tel traitement ne se décide qu'avec le médecin. Un saignement qui ne s'arrête pas après une séance impose de consulter.

Où ne faut-il jamais poser les ventouses quand on est diabétique ?+

Jamais sur les jambes, les pieds ou les chevilles, où une mauvaise circulation fait mal cicatriser, ni sur une varice, une plaie, une peau abîmée ou une zone d'eczéma ou de psoriasis. Aucun emplacement « spécial diabète » n'a fait ses preuves : changer d'endroit ne change rien à l'absence d'effet démontré de la hijama sur le sucre.

Peut-on faire la hijama pendant le Ramadan avec un diabète ?+

Sur le plan de la santé, mieux vaut ne pas cumuler jeûne et hijama quand on a un diabète traité : le jeûne expose déjà à l'hypoglycémie, et la séance ajoute un risque de malaise et une perte de sang. Parlez-en à votre médecin avant le mois, en même temps que de votre jeûne, et rompez le jeûne en cas de malaise ou si la glycémie passe sous 0,70 g/L.

Faut-il réduire ses médicaments après une hijama ?+

Non. Ne réduisez ni n'arrêtez aucun médicament après une séance, même si un chiffre semble meilleur : cette baisse s'explique souvent par le jeûne, le repos ou les variations normales, et arrêter un traitement fait remonter le sucre. Toute modification du traitement se décide uniquement avec votre médecin, à partir de vos mesures régulières et de l'HbA1c.

Sources et références

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. DiaNatura+ est un complément alimentaire, pas un médicament : il ne traite ni ne guérit aucune maladie. Consultez votre médecin, surtout en cas de traitement en cours.

À lire aussi

Tous les guides du thème : Comprendre le diabète et la glycémie