Coloquinte en arabe (الحنظل, hanzal, hdej) : la plante toxique vendue « contre le diabète »

Mis à jour le 2026-09-14 · 8 min de lecture

Rédigé par l’équipe DiaNatura+ · Notre démarche

Coloquinte en arabe (الحنظل, hanzal, hdej) : la plante toxique vendue « contre le diabète »

La coloquinte se dit الحنظل (hanzal) en arabe et الحدج (hdej) en darija algérienne : c'est Citrullus colocynthis, une plante du Sahara dont le fruit, très amer, est toxique. Vendue sur les marchés et les réseaux sociaux « pour le sucre », elle a causé des intoxications graves, parfois mortelles, sans qu'aucun bénéfice sur le diabète soit démontré en usage domestique. Aucune préparation avalée n'est sûre ; en cas d'ingestion, il faut consulter sans attendre.

Coloquinte en arabe : الحنظل (hanzal), الحدج (hdej) en darija, Citrullus colocynthis en botanique


La coloquinte se dit الحنظل (hanzal) en arabe classique, et الحدج ou الحدجة (hdej) en darija algérienne, surtout dans le Sud et sur les Hauts-Plateaux ; en tamazight, le nom varie selon les régions. Son nom scientifique est Citrullus colocynthis : une cucurbitacée rampante du Sahara et des steppes algériennes, cousine sauvage de la pastèque. Le fruit est rond, de la taille d'une orange, vert marbré puis jaune à maturité ; sa pulpe blanche est d'une amertume extrême, proverbiale en arabe. Hdej désignait à l'origine le fruit encore vert ; la darija a étendu le nom à toute la plante.

Le mot « coloquinte » prête à confusion en français. On appelle aussi coloquintes les petites courges décoratives vendues en automne (Cucurbita pepo) : elles ne sont pas comestibles non plus, mais elles sont bien moins toxiques et n'ont rien à voir avec la plante saharienne. « Coloquinte vraie », « coloquinte officinale », « coloquinte du désert » ou « coloquinte du Sahara » désignent toujours Citrullus colocynthis, le hanzal. C'est d'elle seule qu'il est question ici, et un vendeur qui dit « hdej » ou « hanzal » parle du même fruit.

Ce que la tradition prête à la coloquinte : purge, articulations, hémorroïdes… et « le sucre »


Dans la tradition, la coloquinte est d'abord une purge : une infime quantité de pulpe provoquait une évacuation intestinale violente, et les anciens la maniaient avec crainte. Elle a figuré dans les pharmacopées anciennes comme purgatif drastique, avant d'être abandonnée à cause de sa toxicité. Ce point est essentiel : la tradition n'a jamais vu dans le hanzal une plante anodine que l'on prend chaque matin ; elle savait qu'il « nettoie » au prix de brûlures internes.

Les usages externes sont plus répandus et plus raisonnables : l'huile de graines (زيت الحنظل) ou la pulpe cuite dans l'huile (دهن الحنظل) sont massées sur les articulations douloureuses, et une pommade (مرهم الحنظل) est appliquée pour les hémorroïdes. L'usage « pour le sucre » est, lui, récent : il repose sur l'intuition que l'amer combat le sucré, et c'est ainsi que des herboristes ambulants et des pages sur les réseaux sociaux proposent pulpe séchée, poudre ou « une petite dose chaque matin » aux personnes diabétiques. Respecter la tradition, c'est rappeler qu'elle parlait d'une plante de purge et d'usage externe, pas d'une tisane du quotidien.

Coloquinte : bienfaits ou toxicité ? Ce que disent les études, usage par usage


Les études décrivent la coloquinte d'abord par sa toxicité, bien documentée, puis par des bénéfices restés hypothétiques. La pulpe contient des cucurbitacines, des glycosides amers très irritants pour le tube digestif : c'est ce qui en fait un purgatif violent. Des intoxications sont régulièrement rapportées au Maghreb et au Moyen-Orient après ingestion de pulpe, de poudre ou de décoction « pour le diabète » ou comme purge : diarrhée sanglante (colite hémorragique), vomissements, déshydratation, atteinte des reins et du foie. Des décès ont été rapportés, y compris chez des enfants.

Côté bénéfices, la littérature est mince. Pour les articulations et les hémorroïdes, on ne dispose que de l'usage traditionnel et de travaux de laboratoire sur l'inflammation, sans essai solide chez l'humain. Pour la glycémie, quelques petits essais menés en Iran ont utilisé des gélules de graines standardisées, sous contrôle médical, chez des diabétiques de type 2 : ils ont mesuré une baisse modeste, accompagnée d'effets digestifs. Ces travaux sont courts, peu nombreux, impossibles à reproduire chez soi, et ne constituent pas une recommandation.

Autre graine souvent vendue « pour le sucre », le lupin (الترمس) : intéressant dans l'assiette, dangereux quand le lupin amer est mal préparé.

Coloquinte : ce que l'on sait, usage par usage
UsageNiveau de preuveRisque principal
Purge (pulpe ou poudre avalée)Aucun bénéfice validé ; hors des pharmacopéesColite hémorragique, déshydratation, reins et foie
« Pour le sucre » (pulpe, poudre, décoction)Aucun essai sur ces préparationsIntoxication grave ; décès rapportés
Graines en gélules standardisées (essais en Iran)Petits essais, baisse modeste, effets digestifsNon reproductible chez soi ; aucun suivi long
Huile ou dhen el hanzal en massage (articulations)Tradition ; preuves faiblesIrritation de la peau ; jamais avaler
Pommade pour hémorroïdesTradition seulementIrritation des muqueuses
Grossesse, allaitement, enfantsAucun usage acceptableEffet abortif ; intoxication plus rapide chez l'enfant

La coloquinte et le diabète : pourquoi « un petit morceau pour le sucre » est une mauvaise idée


Non : aucune préparation de coloquinte avalée n'est une option raisonnable pour une personne diabétique, même « un tout petit morceau ». La première raison est l'absence de mesure : la teneur en cucurbitacines varie d'un fruit à l'autre, avec la maturité, le séchage et la partie utilisée, et un morceau « de la taille d'un ongle » peut passer un jour et déclencher une colite hémorragique le lendemain. Les essais iraniens que citent certains vendeurs utilisaient des graines calibrées en gélules, sous surveillance : ni la pulpe, ni la poudre du marché, ni la décoction de la voisine.

La seconde raison tient au diabète lui-même. Une diarrhée profuse et des vomissements déshydratent en quelques heures ; sous metformine, la déshydratation met les reins en difficulté et augmente le risque d'acidose, complication rare mais grave. Sous insuline ou sous sulfamides, un repas vomi expose à l'hypoglycémie, le traitement étant déjà pris et l'estomac vide. Enfin, des reins fragilisés par des années de diabète encaissent bien plus mal une agression toxique : le hanzal frappe là où le diabète a déjà affaibli.

L'argument de l'amertume ne tient pas davantage. Le fenugrec est amer et a été étudié, l'armoise est amère et a été étudiée, le hanzal est amer et il est toxique : l'amertume signale des molécules actives, pas leur innocuité. Si l'idée d'un soutien végétal vous parle, tournez-vous vers des plantes documentées par des essais chez l'humain, passées en revue dans notre guide sur les plantes étudiées pour la glycémie, du fenugrec (helba) au moringa, avec ses limites. Aucune ne se prend sans en parler au médecin, aucune ne remplace le traitement.

Autre plante très présente en Algérie et réellement toxique, le harmel (الحرمل) : notre guide explique pourquoi il ne faut ni l'avaler ni le boire.

Autres plantes d'herboristes données contre le sucre en Algérie, la chendgoura et la jaada demandent une vraie prudence : la jaada est liée à des hépatites parfois graves.

La menthe pouliot, le fliou de nos cuisines, mérite la même prudence : notre guide menthe pouliot (fliou) : dangers et glycémie explique pourquoi l'huile et les tisanes concentrées sont à éviter, surtout pendant la grossesse.

Huile de coloquinte, dhen el hanzal, graines, poudre : ce qui se vend en Algérie et à quel prix


En Algérie, la coloquinte se trouve facilement et pour quelques centaines de dinars : fruits secs entiers chez les herboristes ambulants et sur les marchés, pulpe séchée en morceaux, poudre en sachet, graines, huile de coloquinte en petits flacons, dhen el hanzal en pots, pommades artisanales. Les pages de vente sur les réseaux sociaux y ajoutent souvent une « méthode d'utilisation pour le sucre » : un morceau trempé une nuit, une pincée de poudre dans une gélule, « une petite quantité à jeun ». Nous n'en reproduisons volontairement aucune : il n'existe pas de quantité sûre par voie orale.

Les préparations externes appellent une lecture plus nuancée. L'huile de coloquinte et le dhen el hanzal massés sur une articulation douloureuse relèvent d'une tradition vivante ; les preuves sont faibles, mais le risque principal, tant que rien n'est avalé, est une irritation de la peau. Trois règles : ne pas appliquer sur une peau lésée ni près des yeux ou des muqueuses, se laver les mains ensuite, et garder le flacon hors de portée des enfants, qui peuvent le confondre avec une huile alimentaire. Dans le Sud, apprenez aux enfants à ne pas goûter les fruits jaunes tombés au sol.

Coloquinte : signes d'intoxication et que faire si quelqu'un en a avalé


Les signes apparaissent en général dans les heures qui suivent l'ingestion, plus vite chez l'enfant : crampes abdominales, nausées, vomissements, puis diarrhée abondante qui peut devenir sanglante. La déshydratation s'installe vite, avec soif intense, faiblesse, vertiges et baisse de la tension ; dans les formes sévères, les reins et le foie sont atteints et l'hospitalisation s'impose. Chez la femme enceinte, la coloquinte est abortive : strictement interdite, avalée comme appliquée sur le ventre.

La règle est simple : ne pas attendre les symptômes. Si quelqu'un a avalé de la coloquinte, même « un petit morceau » ou « juste l'eau de trempage », il faut appeler le centre antipoison ou se rendre aux urgences en emportant la plante ou la préparation. Ne faites pas vomir la personne, ne lui donnez ni lait ni huile ni « antidote maison », et signalez les traitements en cours.

  • Appeler le centre antipoison ou aller aux urgences dès l'ingestion, sans attendre les premiers signes
  • Emporter la plante, la poudre ou le flacon pour identifier le produit
  • Ne pas faire vomir, ne rien faire avaler « pour neutraliser »
  • Signaler les traitements en cours : metformine, insuline, sulfamides, anticoagulants, diurétiques
  • Chez une personne diabétique, surveiller la glycémie de près : vomissements et jeûne forcé exposent à l'hypoglycémie
  • Grossesse : contre-indication absolue, même en application sur le ventre

Quelle place pour la coloquinte dans une approche cohérente du diabète ? Aucune par la bouche


Aucune par la bouche, et une place externe, prudente, pour ceux qui tiennent au massage traditionnel des articulations. Le dire n'est pas mépriser la tradition : c'est la restituer avec la crainte qu'elle avait du hanzal. Ce qui protège vraiment une personne diabétique est connu : un traitement compris et suivi — nous expliquons comment agissent les médicaments du diabète —, une glycémie mesurée plutôt que devinée, une assiette maîtrisée, du mouvement, et un médecin ou un pharmacien consulté avant d'ajouter la moindre plante.

Face à un vendeur qui propose « du hdej pour le sucre », inutile d'argumenter : dire que son médecin l'interdit suffit. Si un proche en prend déjà, l'essentiel est de l'amener à en parler à son médecin sans le culpabiliser, car la peur du jugement est souvent ce qui retarde la consultation après les premiers symptômes ; et s'il a déjà des troubles digestifs, c'est aux urgences qu'il faut aller.

Par transparence : DiaNatura+ ne contient évidemment pas de coloquinte. C'est un complément alimentaire à base de moringa et de curcuma, en gélule fabriquée en Algérie, et non un médicament : il ne remplace jamais un traitement et se prend, comme toute plante, avec l'accord de son médecin, en particulier sous metformine ou insuline. Le hanzal, lui, ne se prend pas du tout, sous aucune forme avalée.

Questions fréquentes

Comment dit-on coloquinte en arabe et en darija ?+

Coloquinte se dit الحنظل (hanzal) en arabe classique et الحدج ou الحدجة (hdej) en darija algérienne, surtout dans le Sud et les Hauts-Plateaux ; le nom en tamazight varie selon les régions. Le nom scientifique est Citrullus colocynthis. Attention : en français, « coloquinte » désigne aussi des courges décoratives sans rapport avec cette plante du Sahara.

La coloquinte est-elle comestible ?+

Non. La pulpe de la coloquinte vraie (hanzal) est toxique : ses cucurbitacines provoquent vomissements, diarrhée sanglante et déshydratation, avec des décès rapportés. Les graines sont moins amères mais ne sont pas un aliment. Les coloquintes décoratives des marchés d'automne ne se mangent pas non plus, même si elles sont bien moins dangereuses.

La coloquinte soigne-t-elle le diabète ?+

Non. Quelques petits essais menés en Iran avec des gélules de graines standardisées ont mesuré une baisse modeste de la glycémie chez des diabétiques de type 2, avec des effets digestifs et sans suivi long. Cela ne fait pas de la pulpe ou de la poudre vendue au marché un traitement : aucune autorité de santé ne la recommande, et l'automédication expose à une intoxication grave.

Pourquoi « utiliser la coloquinte pour le diabète » est dangereux ?+

Parce que la dose toxique est imprévisible : la teneur en cucurbitacines varie d'un fruit à l'autre, et un « petit morceau » peut déclencher une colite hémorragique. Chez une personne diabétique, la déshydratation fragilise les reins et complique la metformine, et les vomissements sous insuline exposent à l'hypoglycémie. Le bénéfice espéré, lui, n'a jamais été démontré avec ces préparations.

Quels sont les signes d'une intoxication à la coloquinte ?+

Dans les heures qui suivent l'ingestion : crampes abdominales, nausées, vomissements, puis diarrhée abondante pouvant devenir sanglante. S'installent ensuite déshydratation, soif intense, faiblesse, vertiges et baisse de tension ; dans les formes graves, atteinte des reins et du foie. Chez l'enfant, tout va plus vite. Ces signes imposent une consultation en urgence, sans attendre qu'ils s'aggravent.

L'huile de coloquinte pour les articulations, que vaut-elle ?+

C'est un usage traditionnel externe : l'huile de graines ou le dhen el hanzal massés sur un genou ou un dos douloureux. Les preuves chez l'humain sont faibles ; le risque principal est une irritation de la peau. À réserver à une peau saine, loin des yeux et des muqueuses, jamais chez la femme enceinte, et à ne jamais avaler.

Coloquinte vraie du Sahara et coloquintes décoratives : quelle différence ?+

La coloquinte vraie (Citrullus colocynthis, hanzal) est une plante sauvage du Sahara et des steppes, au fruit rond et jaune, à la pulpe blanche très amère et toxique. Les coloquintes décoratives sont des courges (Cucurbita pepo) cultivées pour leurs formes et leurs couleurs : non comestibles, mais bien moins toxiques. Seule la première est vendue « pour le sucre », et c'est elle qui est dangereuse.

Que faire si quelqu'un a avalé de la coloquinte ?+

Ne pas attendre les symptômes : appeler le centre antipoison ou aller aux urgences immédiatement, en emportant la plante ou la préparation. Ne pas faire vomir, ne rien donner à avaler « pour neutraliser ». Signaler les traitements en cours (metformine, insuline, anticoagulants) et, chez une personne diabétique, surveiller la glycémie de près pendant tout l'épisode.

Sources et références

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. DiaNatura+ est un complément alimentaire, pas un médicament : il ne traite ni ne guérit aucune maladie. Consultez votre médecin, surtout en cas de traitement en cours.

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