Costus indien en arabe (القسط الهندي, qust hindi) : ce qu'il est, ses usages, ses dangers et son rapport au diabète
Mis à jour le 2026-09-14 · 8 min de lecture
Rédigé par l’équipe DiaNatura+ · Notre démarche

Le costus indien (القسط الهندي, qust hindi) est la racine séchée de Saussurea costus, une plante de l'Himalaya importée en Algérie et vendue chez les herboristes. Sa réputation vient d'un hadith et d'usages traditionnels (gorge, sinus, thyroïde, fertilité). Pour la glycémie, il n'existe que des études sur l'animal : aucune preuve chez l'humain, et des risques réels (allergies, foie, falsification).
Qu'est-ce que le costus indien et comment dit-on costus indien en arabe ?
Le costus indien est la racine séchée d'une plante de montagne, Saussurea costus, aussi appelée Saussurea lappa ou Dolomiaea costus, de la famille des astéracées, comme la camomille ou l'artichaut. Elle pousse dans les hautes vallées de l'Himalaya, au Cachemire notamment, et ne pousse pas en Algérie : tout ce qui se vend chez nous est importé, en morceaux de racine ou en poudre. On utilise la racine, pas les feuilles : c'est elle qui porte l'odeur forte et le goût amer caractéristiques.
En arabe classique, on l'appelle القسط الهندي (al-qust al-hindi), et c'est sous ce nom que les Algériens le demandent à l'herboriste. En darija, on dit simplement « el qost el hindi » ou « el qost ». Selon les régions, le nom d'herboristerie maghrébine « عود غريس » (oud ghris) lui est aussi donné, mais ce nom désigne parfois d'autres racines : nous y revenons plus bas. En français : costus indien ou qust hindi.
Deux qualités circulent dans la tradition arabe : le costus « indien » (القسط الهندي), brun et plus amer, et le costus « marin » (القسط البحري), blanc et plus doux. Ce sont deux qualités d'une même racine, pas deux plantes. Il ne faut pas le confondre avec Costus igneus, l'« insulin plant » indienne : une autre plante, d'une autre famille, dont on utilise les feuilles et sur laquelle existent quelques petits essais. Sur internet, les deux sont constamment mélangées, source de bien des affirmations sur « le costus et le diabète ».
Autre racine sucrée à connaître, la réglisse (عرق السوس) : sans sucre, mais capable de faire monter la tension et baisser le potassium, un point important pour un diabétique.
| Langue ou registre | Nom | Remarque |
|---|---|---|
| Français | costus indien, qust hindi | parfois simplement « costus » |
| Arabe classique | القسط الهندي (al-qust al-hindi) | le nom à donner à l'herboriste |
| Darija algérienne | el qost el hindi, el qost ; « عود غريس » selon les régions | vérifier de quelle racine il s'agit |
| Nom scientifique | Saussurea costus (syn. Saussurea lappa, Dolomiaea costus) | astéracée de l'Himalaya ; partie utilisée : la racine |
| Variante | costus marin (القسط البحري) | racine blanche, plus douce ; même plante, autre qualité |
| À ne pas confondre | Costus igneus, l'« insulin plant » | autre famille, autre plante ; on utilise les feuilles |
Quel est le hadith sur le costus indien et que lui prête la tradition ?
La popularité du costus indien dans le monde musulman vient d'abord d'un hadith authentique, rapporté par al-Bukhari, dans lequel le Prophète recommande le « bois indien » (عود هندي) pour sept maux, en citant l'amygdalite (العذرة) et la pleurésie (ذات الجنب). Les commentateurs classiques identifient ce bois indien au costus. C'est ce texte qui a fait de la racine un produit phare de la médecine prophétique, présent dans presque toutes les herboristeries du Maghreb.
À partir de là, la tradition lui prête un large éventail d'usages : la gorge et les sinus, en poudre ou en fumigation, la thyroïde, la fertilité, féminine comme masculine, et la fumigation dans le cadre de la roqya. Les recherches « فوائد القسط الهندي للنساء », « للرجال » ou « للغدة الدرقية », très fréquentes en Algérie, reflètent exactement ces attentes. Il faut être clair : ces usages relèvent de la tradition et de la foi, pas de la preuve clinique. Le hadith n'est pas une notice de médicament : il ne donne ni quantité, ni durée, ni contre-indication, et ne dispense personne de consulter.
Costus indien bienfaits : que disent vraiment les études ?
Les études sur le costus indien existent, mais presque toutes ont été menées en laboratoire, sur des cellules ou des animaux, avec des extraits concentrés qui n'ont pas grand-chose à voir avec une cuillère de poudre dans un verre d'eau. Elles décrivent des propriétés antimicrobiennes, anti-inflammatoires et antioxydantes in vitro, attribuées surtout aux lactones sesquiterpéniques de la racine, le costunolide et la déhydrocostus-lactone. Un effet observé dans une boîte de culture n'est pas un effet dans un corps humain.
Chez l'humain, les données sont quasi inexistantes : pas d'essai contrôlé de qualité pour la thyroïde, la fertilité, la tension ou les sinus. Les petits essais que l'on voit circuler concernent en général Costus igneus, la plante à feuilles, et non Saussurea costus. Quand un site annonce que « des études prouvent », posez trois questions : sur qui, combien de personnes, avec quel produit ? Le plus souvent, la réponse honnête est : sur des rats, avec un extrait de laboratoire.
| Usage revendiqué | Ce qui existe | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Gorge, sinus, amygdalite | hadith, tradition, tests antimicrobiens in vitro | aucun essai clinique |
| Thyroïde | témoignages, tradition | aucun essai clinique |
| Fertilité (femmes, hommes) | tradition | aucun essai clinique |
| Tension artérielle | tradition | aucun essai clinique |
| Glycémie, diabète | rats rendus diabétiques, tests in vitro | pistes de laboratoire, pas de preuve chez l'humain |
Costus indien et diabète : que disent les études sur la glycémie ?
Réponse directe : chez l'humain, rien ne prouve que le costus indien améliore la glycémie d'une personne diabétique. Ce qui existe, ce sont des études sur des rats rendus diabétiques et des tests in vitro avec des extraits de racine, qui montrent une glycémie plus basse chez les animaux qui en reçoivent, ou une action sur certaines enzymes de la digestion des sucres. Ce sont des pistes de laboratoire, pas une preuve chez l'humain : aucun essai clinique de qualité n'a été mené chez des personnes diabétiques.
La confusion vient en grande partie de Costus igneus, la « plante à insuline » cultivée en Inde, dont les feuilles ont fait l'objet de quelques petits essais. Ce n'est ni la même plante, ni la même famille, ni la même partie utilisée. Les articles qui promettent que « le costus remplace l'insuline » mélangent les deux, ou extrapolent des résultats obtenus sur des animaux. Une personne diabétique qui arrête ou espace son traitement sur cette base prend un risque réel.
À retenir : le costus n'a pas fait la preuve d'un intérêt dans le diabète, ni la preuve du contraire, faute d'études. Si vous voulez explorer les plantes, certaines ont un dossier humain, modeste mais réel : le fenugrec (helba), par exemple, a été testé dans de petits essais chez des personnes diabétiques. Nous en dressons le panorama dans notre guide des plantes et sucre dans le sang. Dans tous les cas, le traitement prescrit et le suivi de la glycémie restent la base.
Comment prendre le costus indien ? Formes, usage courant, prix et pharmacie en Algérie
En Algérie, le costus indien s'achète chez l'herboriste (العطار), au marché ou dans les boutiques de médecine prophétique, sous deux formes : des morceaux de racine séchée, brun-gris, fibreux, à l'odeur forte et persistante, ou une poudre déjà moulue. On trouve aussi de l'huile de costus indien, destinée surtout à l'usage externe. Comptez quelques centaines de dinars pour un sachet ; le prix varie selon l'origine et la qualité. Il n'est jamais vendu en pharmacie comme médicament : ce n'est pas un produit enregistré, mais une plante de tradition.
L'usage courant, tel qu'il se pratique : la poudre mélangée à un verre d'eau ou à un peu de miel, la racine infusée dans de l'eau chaude, l'huile en massage, et la fumigation. L'usage populaire parle de petites cuillerées, ce qui décrit une habitude et non une recommandation : nous ne donnons volontairement aucune quantité ni durée : ce n'est pas un médicament dosé, et personne ne sait, faute d'études, à partir de quelle quantité le foie ou les reins commencent à en souffrir. Les mélanges à la mode, costus et curcuma, costus et miel, costus « pour la tension », n'ont jamais été étudiés ; le miel reste un sucre à compter dans la journée d'une personne diabétique.
- Préférer la racine entière, à moudre soi-même, à une poudre anonyme : on voit ce que l'on achète
- Sentir : le costus a une odeur forte et reconnaissable ; une racine sans odeur, ou à l'odeur étrange, est suspecte
- Demander l'origine au vendeur et éviter les sachets sans étiquette, surtout s'ils sont anormalement bon marché
- Tester une petite quantité la première fois, surtout en cas de terrain allergique
- Ne jamais remplacer un traitement en cours, ni en prendre pendant la grossesse ou l'allaitement
Costus indien danger : effets secondaires, foie, falsification, grossesse
Oui, le costus indien peut être dangereux, et les alertes « انتبهوا من القسط الهندي » qui circulent ont un fond réel. Première raison : ses lactones sesquiterpéniques (costunolide, déhydrocostus-lactone) sont des allergènes connus, responsables d'allergies et de dermatites de contact, chez ceux qui manipulent la racine comme chez ceux qui appliquent l'huile. Deuxième raison : des cas d'atteinte du foie ont été rapportés avec des poudres de costus, sans que l'on sache à partir de quelle quantité ni chez qui : c'est le problème d'une plante jamais étudiée sérieusement chez l'humain.
Troisième raison, la plus sérieuse : la falsification. Des racines d'Aristolochia, qui ressemblent au costus, peuvent être vendues à sa place ou mélangées à sa poudre. L'acide aristolochique qu'elles contiennent est toxique pour les reins et cancérigène, et ses dégâts sont silencieux et irréversibles. C'est l'argument numéro un pour préférer une racine entière, reconnaissable à l'odeur et à l'aspect, à une poudre dont personne ne connaît l'origine, si bon marché soit-elle.
Grossesse et allaitement : à éviter, par principe de précaution, comme la plupart des plantes concentrées. Personne sous traitement : un effet additif avec les médicaments hypoglycémiants (metformine, sulfamides, insuline) n'est pas exclu, ce qui peut conduire à une hypoglycémie ; avec les anticoagulants, même réflexe de prudence. La bonne démarche : en parler au médecin avant, et comprendre ses médicaments du diabète plutôt que de les concurrencer avec une plante. Arrêter au moindre signe inhabituel (démangeaisons, éruption, urines foncées, fatigue anormale, douleur sous les côtes à droite) et consulter sans attendre.
Autre plante très présente en Algérie et réellement toxique, le harmel (الحرمل) : notre guide explique pourquoi il ne faut ni l'avaler ni le boire.
Épice de luxe souvent contrefaite, le safran (الزعفران) a été testé dans de petits essais sur la glycémie : notre guide explique aussi comment reconnaître le vrai.
Autres plantes d'herboristes données contre le sucre en Algérie, la chendgoura et la jaada demandent une vraie prudence : la jaada est liée à des hépatites parfois graves.
Quelle place pour le costus indien dans une approche cohérente du diabète ?
Le costus indien a sa place dans la tradition, pas dans la prise en charge du diabète. En prendre de temps en temps pour la gorge, en connaissant la plante et son vendeur, est un choix personnel ; compter dessus pour la glycémie est une erreur, faute de toute preuve chez l'humain. Ce qui fait bouger une HbA1c, ce sont l'assiette, le mouvement, le sommeil, le traitement pris sans oubli et le suivi médical. Une plante, quelle qu'elle soit, ne vient qu'après, et jamais à la place.
Transparence : DiaNatura+ ne contient pas de costus indien. Notre formule associe le moringa et le curcuma, deux plantes dont des études préliminaires suggèrent qu'elles peuvent accompagner l'équilibre glycémique, en complément d'une hygiène de vie et jamais à la place du traitement. Une offre unique : une boîte à 7 900 DA, en gélule halal fabriquée en Algérie, un complément alimentaire et non un médicament. Les détails sont sur la page officielle ; le médecin reste à consulter avant de l'ajouter, surtout sous traitement.
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Découvrir DiaNatura+Questions fréquentes
Qu'est-ce que le costus indien ?+
Le costus indien est la racine séchée de Saussurea costus, une astéracée de l'Himalaya (Cachemire) qui ne pousse pas en Algérie : tout est importé et vendu chez les herboristes, en morceaux ou en poudre. Sa réputation vient d'un hadith rapporté par al-Bukhari et d'usages traditionnels pour la gorge, les sinus, la thyroïde et la fertilité, sans essai clinique chez l'humain pour les confirmer.
Comment dit-on costus indien en arabe (et en darija) ?+
En arabe, costus indien se dit القسط الهندي (al-qust al-hindi), parfois abrégé en القسط ; c'est le nom à donner à l'herboriste. En darija algérienne, on dit el qost el hindi ou el qost et, selon les régions, عود غريس (oud ghris), un nom d'herboristerie qui désigne parfois d'autres racines. Le costus marin, القسط البحري, est la qualité blanche et plus douce de la même racine.
Comment prendre le costus indien ?+
L'usage traditionnel le plus courant : la poudre mélangée à un verre d'eau ou à un peu de miel, ou la racine infusée ; l'huile s'emploie en externe, la racine aussi en fumigation. Nous ne donnons ni quantité ni durée : ce n'est pas un médicament étudié. Petite quantité au début, jamais pendant la grossesse, avis médical sous traitement.
Le costus indien est-il dangereux ?+
Il peut l'être. Ses lactones sesquiterpéniques provoquent allergies et dermatites de contact ; des cas d'atteinte du foie ont été rapportés avec des poudres ; et le risque de falsification par des racines d'Aristolochia, dont l'acide aristolochique est toxique pour les reins et cancérigène, est réel. D'où les alertes « انتبهوا ». À éviter pendant la grossesse et l'allaitement ; arrêter et consulter au moindre signe inhabituel.
Costus indien et diabète : que disent les études ?+
Uniquement des études sur des rats rendus diabétiques et des tests in vitro avec des extraits, qui montrent une glycémie plus basse chez l'animal. Aucun essai clinique de qualité n'existe chez des personnes diabétiques : ce sont des pistes de laboratoire, pas une preuve chez l'humain. Les petits essais cités concernent souvent Costus igneus, une autre plante. Le costus ne remplace jamais un traitement du diabète.
Costus indien ou costus marin, quelle différence ?+
Dans la tradition arabe, le costus indien (القسط الهندي) est la racine brune, plus amère, et le costus marin (القسط البحري) la racine blanche, plus douce. Ce sont deux qualités d'une même racine, Saussurea costus, et non deux plantes. Les usages traditionnels sont les mêmes, et le niveau de preuve aussi : aucun essai clinique chez l'humain pour l'un comme pour l'autre.
Quel est le hadith sur le costus indien ?+
Un hadith authentique rapporté par al-Bukhari recommande le « bois indien » (عود هندي) pour sept maux, en citant l'amygdalite (العذرة) et la pleurésie (ذات الجنب) ; les commentateurs classiques identifient ce bois au costus. C'est la source de sa popularité dans la médecine prophétique. Le texte ne précise ni quantité, ni durée, ni contre-indication : il ne remplace pas un avis médical.
Peut-on prendre du costus avec la metformine ou le curcuma ?+
Avec la metformine, l'insuline ou un sulfamide, un effet additif sur la glycémie n'est pas exclu, avec un risque d'hypoglycémie : demandez l'avis de votre médecin avant, et n'arrêtez jamais votre traitement. Avec le curcuma, aucune interaction n'est documentée, mais l'association n'a pas été étudiée non plus et n'apporte aucune preuve supplémentaire. Si vous prenez un anticoagulant, même prudence.
Sources et références
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. DiaNatura+ est un complément alimentaire, pas un médicament : il ne traite ni ne guérit aucune maladie. Consultez votre médecin, surtout en cas de traitement en cours.
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